Sigmund Freud a découvert le subconscient, Souleymane Diamanka, lui, nous fait découvrir le "sud qu'on sent" dans son très beau disque L'hiver peul.
Ce jeune slameur né au Sénégal cisèle des petits bijoux de poésie où scintillent mille et une fulgurances, dignes des grands auteurs. Il pratique un talking over, suave sur tapis feutré de jazz où tinte parfois son cri.
"La poésie opère comme une lumière mangeuse d'ombres".
Souleymane Diamanka visite et revisite son enfance dans les banlieue des Aubiers à Bordeaux, évoque la haute figure de son père et la mémoire du peuple peul dans la terre ocre des griots, salue le désert du Sahara, "chagrin de sable faiseur de mirages et de fables", et, avant de nous conseiller de nous en retourner sur notre planète car "la terre c'est trop dangereux", se souvient du "rêve errant du révérend" Martin Luther King.
"Aucun oiseau ne vole quand le feu danse dans la bouche des volcans
Qui crachent sur l'histoire
L'espace connaît le supplice de l'horizon qui se plisse
Et laisse passer le temps mort"...
Souleymane Diamanka.